Approfondir : Portrait à la manière des peintres.

Tuto en cours de réécriture.

Donner à une photo un rendu « peinture »  intéresse toujours beaucoup de monde. Nous nous limiterons à l’aspect « peinture ancienne  » ou « peinture flamand »  et pas à l’aspect « gros coup de pinceau ».

Nous ne discuterons pas de la légitimité des rendus en post traitement et de ce qui est de la « photographie » ou pas.  Il est nécessaire de parler un peu de prise de vue mais je conseille à ceux pour qui le post traitement est le mal  (ils ont bien le droit) de ne pas lire ce tuto.

Ce tuto se composera de :

  • Conseils à la prise de vue.
  • Des méthodes qui consistent à « reproduire » le plus à l’identique possible les teintes et tons d’un photo de tableau.
  • Des méthodes créant de toutes pièces l’aspect tableau.  Nous verrons en détail les méthodes d’un portraitiste français que j’aime bien et le tuto de Olivier Laubin que j’aime aussi.

Vous me connaissez, j’ai moi même de grosses difficultés à faire ce rendu ; c’est pour cela que je m’y intéresse et que je tente de faire la synthèse des stages, tutos que je lis et surtout des nombreux et excellents commentaires  des membres de notre groupe Facebook.

A- A la prise de vue.

Les vêtements sont important : éviter les vêtement et accessoires à l’évidence moderne ; rechercher des vêtements du style en accord  ; utiliser  les termes « Victorien », « Victorian », « Victorian woman » ; « Gotic » à la rigueur pour trouver des idées.

(ici recherche avec les termes « Victorian women » dans Bing).

Pour retrouver l’aspect des peintre flamands, une image avec des noirs profonds et une lumière caractérisée de type Rembrandt fait particulièrement bien l’affaire (Lumière principale à 45 degré à notre gauche, en hauteur, ce qui éclaire l’hémiface  droite du sujet et laisse un triangle lumineux sur l’hémiface gauche).

Peinture de Rembrandt.

On note que souvent le modèle à le corps légèrement de profil et la tête tournée pour regarder le peintre. Ce sont souvent des portrait plan poitrine ; on voit les mains croisées ou dans le dos.

Bien sur c’est en format portrait avec le modèle au centre. La lumière est assez dure avec fort contraste.

Il y a parfois un halo un peu plus clair autour du modèle comme ci-dessus.

Un autre exemple :

Photo de Vermeer (la jeune fille à la perle).

Ne pas oublier que les peintres n’étaient pas des photographes et que le flou n’existait pas à l’époque ; donc pas de faible profondeur de champ à la prise de vue ; tout est net.

Sur le plan éclairage on peut utiliser une petite soft box avec ou sans nid d’abeille (la lumière me semble assez dure en général d’où le nid d’abeille) ,  sur le coté droit et en hauteur qu’on déplacera sur le coté afin d’obtenir une éclairage « Rembrandt ». S les ombres sont trop profonde, on posera de l’autre coté un réflecteur ou une seconde source moins puissante. C’est classique. Le fond doit être plutôt sombre (donc peu éclairé) si on veut éviter de le changer en post traitement.

Les vidéos de Vinz PhotoLearn sont très instructives :

https://www.photolearn.fr/faire-un-portrait-facon-tableau-de-maitre/

B-Méthodes consistant à produire ou reproduire les couleurs et tons.

Ces méthodes consistent à appliquer automatiquement un rendu préenregistré de couleur, de tons à la photo en utilisant un preset, un Lut ou en cherchant à reproduire les couleurs et tons d’une photo représentant une peinture sur une autre photo. On ne cherche pas à analyser l’image en terme de tons chaud ou froids de colorimétrie pour recréer à l’aide de calque de réglage le rendu.

Le LUT candlelight.

Des presets.

La correspondance de la couleur.

Reproduire les couleurs, la luminosité la saturation. 

(Jean-Pascal).

il faut analyser l’image dont on veut reproduire le rendu couleur, et pour se faire, rien de mieux que les calques d’aide. Commencer par copier le calque du rendu voulu sur sa propre image, puis appliquer différents calques d’aides. Le plus utile sera bien évidemment de transformer l’image en noir et blanc, et ça en conservant si possible la notion de luminosité perçue, comme par exemple avec un calque gris neutre en mode de fusion couleur.

Cela va permettre de voir quel travail effectuer sur la luminosité de notre image: en particulier s’intéresser aux tons les plus clairs et les plus foncés. Faut-il rehausser les noirs ou au contraire les casser ? En dernier lieu, s’intéresser aux tons moyens.

Une fois que l’on sait vers quoi s’orienter question luminosité, il faut travailler par couche R, V et B, sans toucher la couche composite RVB, et en commençant pour chaque couche à régler comme on l’a trouvé avec le calque d’aide actif. Ensuite, tâtonner pour trouver les tons les plus proches du résultat voulu.

On va procéder de même en analysant la saturation si besoin, mais souvent la luminosité travaillée sur les 3 couches suffit à obtenir un excellent résultat.

Il vient d’y avoir un excellent tuto là-dessus sur la chaîne Phlearn, donc en anglais, mais il y a qu’à activer les sous-titres et la traduction auto en français pour ceux qui ne comprennent pas la langue de Shakespeare…

https://youtu.be/FW7s6OFgCPo

C- Méthodes créant l’aspect tableau.

Là on n’applique pas un Lut ou un preset ou on ne copie pas les couleurs d’une photo à l’autre mais on analyse une peinture (telle couleur, telle dominante, tel aspect des ombres, tel contraste)  et on cherche avec des calques (courbe, correction sélective, dodge ans burn) a refaire le rendu.

De manière générale il y a une désaturation de l’image, parfois sur les rouges uniquement avec un calque courbe.  D’autres baisse la vibrance et augmentent un peu la saturation.

Mais il y a aussi parfois une dominante orangée dans certains tableau que certains veulent reproduire ( calque en jaune orangé en mode incrustation  avec une faible opacité).

Si cela n’a pas été fait à la prise de vue, il faut renforcer les contrastes avec un dodge en burn.

c1- Méthode de 

c2- Méthode de Olivier Laublin.

Méthodes et détails des techniques par Olivier Laublin. Mise en forme et compléments par Philippe Lasserre.

Effet peinture, tuto pour Photoshop pour photographes : Cette technique est inspirée du traitement enseigné par Samuel Bouget et aussi du rendu de certains photographes Russes.

Outre les considérations liées à la retouche, dans ce cas précis il est essentiel de partir d’une image avec un style prédéfini qui s’appliquera pour le mieux à ce que nous cherchons à atteindre comme résultat.
Dans ce cas précis, une image avec des noirs profonds et une lumière caractérisée de type Rembrandt fait particulièrement bien l’affaire (Lumière principale à 45 degré à notre gauche, en hauteur, ce qui éclaire l’hémiface  droite du sujet et laisse un triangle lumineux sur l’hémiface gauche).
Libre à vous d’essayer avec d’autres photos bien sûr.

Photo de départ :

portrait1.JPG

1- Travail sur les défauts de la peau.

portrait2.JPG

 

Étape de nettoyage, essentiel à toute retouche. On ajoute un calque « vide » nommé « Clean » , afin de faire les corrections sur ce calque vide ce qui rend le nettoyage non destructeur (on peut revenir sur ce nettoyage, l’annuler sans abimer l’image de départ et même faire un avant/après).  j’ utilise ici l’outil correcteur sur le calque vide en prenant soin de choisir dans la barre d’option « Echantil. tous les calques ». Il faut échantillonner (Alt+ Clic) régulièrement autour de chaque zone à corriger. Je me concentre sur les défauts de peau tels que points rouges, cicatrices légères, peaux sèches etc.

Détails du résultat :

portrait3.JPG

2-Dodge and burn :

Consiste à éclaircir ou assombrir certaines zones pour jouer sur le relief.

portrait4.JPG

 

Voir le tuto sur le D&B  Ici si vous débuté.

Le Dodge and Burn va me permettre de modifier certains volumes mais également modifier la façon dont la lumière tombe sur certaines zones du visage également.

Voyons le avant/après ci-dessous :
le D&B général ajuste les ombres et lumière du visage me permettant de rendre des zones comme le menton, pommettes, arête du nez plus définies et plus marquées, on le voit particulièrement sur le philtrum, cette partie qui relie la lèvre supérieure à la base du nez. Le contour de la lèvre supérieure lui donne du volume.
Le D&B enlève également des imperfections dues à la façon dont la lumière suit le relief du visage et de ses « imperfections ».  Voir par exemple la cerne sous l’œil qui a été éclaircie.

Avant :

russe_d&b2.JPG

Après :

russe_d&b3.JPG

 

Ici j’ai créé plusieurs groupes de calques, un groupe « Dodge » pour éclaircir et un groupe « Burn » pour assombrir :

 

russe_d&b1.JPG

 

Le groupe « Dodge » (éclaircir) comporte un calque de réglage courbe nommé ‘Eclaircir’ (le fait de remonter la courbe vers la gauche éclaircit l’image ; comme cela à tendance à saturer les couleurs, on ajoute un calque teinte/saturation pour dé saturer un peu. J’ai aussi créé le groupe « Burn » (assombrir) qui comporte un calque de réglage courbe nommé ‘foncer’ (le fait de descendre la courbe vers la droite assombrit l’image ; comme cela à tendance à dé saturer les couleurs, on ajoute un calque teinte/saturation pour saturer un peu.

Chaque groupe possède un masque de fusion remplit de noir ; pour éclaircir ou assombrir l’image, on peint en blanc avec un pinceau doux et à flux très faible (quelques pourcents sur le masque correspondant).

J’ai ajouté un calque Dodge nommée « Dodge plus fin » pour affiner certaines zones (paupières, arête du nez, lèvres) cela me permet de travailler plus finement certaines zones sur des calques différents et de mieux revenir sur mes erreurs le cas échéant.

Tous les groupes de Dodge et burn sont dans un groupe nommé « Dodge & Burn ».

3- La Colorimétrie.

Pour ajuster le contraste global j’ai ajouté un calque de réglage « Correction sélective« (nommée « hautes lumières et basses (noirs) ».

Je ne touche pas aux teintes, je pourrais mais pas ici, je vais uniquement travailler sur les blancs, gris et noirs.
Je veux des blancs plus lumineux, je vais donc réduire la quantité de noir.

russe_noirs.JPG

Les gris sont très peu touchés ici, mais j’y ai enlevé un peu de noir également.
Les noirs doivent être beaucoup plus profonds, j’ai donc ajouté cette fois du noir dans les zones sombres, l’idée était de garder uniquement le visage et une partie des cheveux éclairées, rendre l’arrière-plan inexistant ou presque. (on y reviendra plus tard).
Passer le calque en mode luminosité pour ne pas trop porter atteinte aux couleurs.

 

Ce qui caractérise souvent les peintures, c’est un effet un peu mat, l’outil courbe est parfait, je casse la courbe dans les noirs (remontée de l’extrémité gauche de la courbe), et j’accentue un peu les hautes lumières en relevant le haut de la courbe, on a un S caractéristique.
Passer également en mode luminosité.

russe_courbe.JPG

 

Modifier le contraste et les valeurs de luminosité a modifié un peu la perception de la saturation, et en plus le rendu final doit lui aussi être moins saturé, J’ajoute un calque teinte/saturation dont je baisse sensiblement la saturation, je passe le calque en mode saturation pour ne pas trop influencer la luminosité.

russe_saturation.JPG

 

Voilà le résultat à ce stade :

russe_correction.JPG

 

La texture, partie essentielle.
Trouver une texture qui vous plait et soit opter pour une texture qui a déjà des teintes qui correspondent au résultat voulu (ici des tons plutôt chauds) ou en modifier la teinte vous-même. (Un calque teinte saturation ou une courbe de transfert de dégradé peut faire le boulot rapidement par exemple).

Voici la texture :

russe_texture5.JPG
Importer la texture en tant que calque au-dessus des autres et remplir le cadre (avec une transformation : Ctrl+ T) si la texture est trop petite, faire tourner la texture si des zones sont dérangeantes (inversion gauche droite ou haut bas …).

Mettre le calque en mode lumière tamisée.

Une fois la texture appliquée, on remarque qu’elle couvre le visage, alors que nous la voulons uniquement sur le fond.  Voici une partie du visage ou la texture est visible, ce n’est pas heureux :

russe_texture

 

Pour ne pas avoir de texture sur le visage, nous pourrions ajouter un masque de fusion simple sur le calque de la texture (et en mettant du noir sur le visage au niveau du masque) mais dès lors la teinte de l’image serait trop différente sur le visage par rapport au reste de la photo.

Nous allons donc utiliser l’outil pipette sur le calque « texture » pour échantillonner de la couleur (il est préférable de modifier l’option ‘taille de la pipette’ pour lui donner la valeur « Moyenne 5×5 » plutôt que de conserver « Échantillon ponctuel). Ensuite peindre avec cette couleur proche de celle de la texture, sur la zone ou se trouve le visage ou des parties du sujet ou nous voulons supprimer la texture.

russe_texture2.JPG

On voit bien ci-dessus le calque de la texture avec une zone unie ; celle qui a été peinte avec la couleur de la texture au niveau de la peau du modèle. Vous ne pourrez pas peindre sur un objet dynamique (si la texture a été importée comme calque dynamique) vous pourrez donc pixelliser le calque avant l’opération.

Peindre sur ce calque de texture est une opération destructrice malheureusement. Il est bon de dupliquer ce calque de texture avant de peindre pour en faire une copie de « sauvegarde ».

Modifier l’opacité à votre goût.

russe_texture3.JPG

 

Vous pouvez dupliquer le calque texture également pour un effet plus marqué, toujours en lumière tamisée, modifiez l’opacité au goût.

Voilà le résultat :

russe_texture4.JPG

5- Luminosité, contraste.

Toutes ces étapes ont modifié la luminosité et le contraste, ici je rajoute un calque luminosité/contraste mais d’autres calques de réglage font aussi bien (courbes, niveau…)
j’accentue le contraste et augmente un peu la luminosité (étape facultative selon la photo et vos attentes).

 

6- Ajout de bruit, de grain.

 

Pour réduire l’aspect numérique de l’ensemble, ajouter un peu de bruit est toujours le bienvenu, ça rendra la photo plus chaude, plus douce à l’œil.
Pour cela, plusieurs possibilités.
Soit un calque remplie de gris à 50%, passer en mode lumière tamisée et allez dans Filtres-> bruit-> ajouter bruit. Pour une meilleure appréciation, zoomez sur la photo !
Vous pouvez transformer votre calque gris avant cette étape du filtre pour en faire un filtre dynamique, ainsi vous pourrez modifier le filtre après coup.

Si vous voulez plus de « contrôle » sur le rendu du grain, vous pouvez créer un calque aplati de votre travail au-dessus des autres (Ne pas aplatir votre travail mais faire Ctrl+Alt+Maj+E ) .
Transformer ce calque en objet dynamique, aller dans Filtres->Filtre Camera Raw->onglet Effets.
Ici vous avez plus de réglages sur le type de grain.

Avril 2019 Olivier Laublin, Philippe Lasserre.

Pour marque-pages : Permaliens.

Les commentaires sont fermés.