L’Intelligence artificielle et le photographe photoshopeur.

 Lasserre Philippe novembre 2023.

L’Intelligence artificielle (ou « IA ») et le photographe Photoshopeur.

Ce texte fait suite à un post suivi de débat sur le groupe Pspourphotographes et à des réunions sur ce thème ainsi que la lecture de divers articles.

L’intelligence artificielle existe, elle est là et sera utilisée de toutes les façons, c’est inéluctable ; qu’en penser en tant que photographe et Photoshopeur ?

Quand vous aurez lu cet article, allez voir :

  • Le remplissage génératif, c’est ICI.
  • Firefly, c’est ICI.

Comment cela marche ?

Concernant la génération d’image, on parle l’IA (intelligence artificielle), bien qu’il n’y a pas vraiment d’intelligence la dedans, il y a juste analogie avec le cerveau humain et les réseaux neuronaux dans le cas de la génération d’image. On utilise en effet pour analyser ou créer des images des réseaux neuronaux qui simulent le fonctionnement du cerveau.
Les générateurs de texte utilisent plutôt des algorithmes statistiques. 
Les IA produisant des images sont des IA étroites, adaptées à une seule tache, celle de créer une image, pas plus.

Je prends l’exemple du remplissage génératif dans Ps et de Firefly et ne parle que de génération d’image à partir d’un texte pour vous expliquer comment cela marche.

Cette IA utilise donc les réseaux neuronaux (analogie avec le cortex cérébral) : il y a plusieurs couches de « neurones », chaque « neurone » d’une couche interagissant  avec la couche d’en dessous par de multiples liaisons. Le remplissage génératif utilise des réseaux de neurones récurrents (RNN) ; certains neurones agissant sur les couches précédentes. En entrée on introduit des mots, en sortie il y a des pixels. Pour aller un peu plus loin : il y a au départ une image ne contenant que du bruit, l’IA débruite l’image mais dirigée par ce qu’on lui demande et progressivement apparait l’élément demandé. Pour être complet il y a 2 réseaux neuronaux , le premier réseau (le générateur) produit l’image ; le second réseau (le discriminateur) évalue le résultat et le réalisme.

 

Pour que cela fonctionne il faut au préalable « entraîner » le réseau avec de très grandes quantités de mots et d’images. Il faut des ressources de calcul considérables.

D’où viennent les images qui ont servi à éduquer l’IA ? Firefly est entraîné sur les centaines de millions d’images haute résolution de qualité professionnelle sous licence d’Adobe Stock (le contrat de licence que les utilisateurs de Stock acceptent le permet). Adobe indique : « Le modèle d’IA actuel de Firefly est entraîné sur un jeu de données Adobe Stock, sur des travaux sous licence libre et sur des contenus tombés dans le domaine public » ; « les données personnelles des abonnés Creativ Cloud par exemple ne sont pas utilisées ». Ainsi, vous n’utilisez pas des images protégées par des droits d’auteur, avec Firefly.  Ce n’est pas le cas d’autres IA génératives qui ont largement utilisées sans discrimination toutes les photos d’Internet ; outre le problème moral de spoliation d’œuvres protégées, le résultat de la génération pourra être attaqué en justice pour copie, plagiat. 

L’IA n’est que la compilation de ce qu’on lui met à disposition (des millions de photos) durant sa phase d’apprentissage et reste dépourvue de toute âme ou intention créatrice. Elle manipule des pixels sans vraiment savoir ce qu’elle manipule. Attention, elle ne produit pas d’image en prenant des bouts d’images, elle crée des pixels de toute pièce.

Le contenu créé avec Firefly incorporera (prochainement ), dans ses informations de traçabilité, une balise CR  indiquant que ce contenu a été créé à l’aide de l’IA générative. Voir le chapitre sur les aspects juridiques plus bas.

 Certains juristes conseillent d’être prudent et de ne pas utiliser, pour le moment, d’images générées par l’IA. 

Quelles sont ses limites ?

 
Il faut « nourrir » l’IA de millions de photos pour l’éduquer ; on parle de « Deep learning » (apprentissage profond).
Pour utiliser l’IA, il faut taper une invite (le prompt), un texte à partir duquel sera généré une image.
Pour le moment. L’IA n’est pas neutre : elle est orientée par les images qu’on lui a données pour l’éduquer : si on ne l’a pas éduquée avec des photos d’asiatiques, elle ne génèrera pas de photos de visage de type asiatique ; c’est un exemple simple mais ce fonctionnement peut entrainer des biais. Demander lui de générer une « belle femme », cela sera sans doute une femme blanche avec les critères culturels américains dans les IA américaines. Les IA chinoises génèreront une femme asiatique.
Un média australien (Nine news) après avoir été critiqué sur une image publiée a reproché à l’IA d’Adobe d’être sexiste ; le remplissage génératif sur Photoshop ne remplirait pas de la même manière un corps de femme (grosse poitrine, ventre dénudé) qu’un corps d’homme (plutôt ajout d’un costume)….
L’IA n’aime pas la nudité : Voici le message, si je demande « homme nu » :
A l’inverse, il y a des excès dans l’autre sens : Début 2024 le chatbot d’intelligence artificielle de Google fait polémique. Gemini génère des images de soldats nazis noirs et de Vikings asiatiques, refuse de faire la promotion de la viande…
De plus, le style d’image est souvent caractéristique : on reconnait bien le style Midjourney ou Firefly, par exemple, dans les photos.
Les IA sont « bridées » par des règles en vigueur dans les pays créateurs d’IA.
Ainsi le nu ne peut être généré par IA, difficile de faire des corrections sur une image comportant du nu ; aussi les photographies de nu seront exclusivement créées par les appareils photos et jamais par IA.
L’IA d’Adobe n’a pas été éduquée avec tout ce qui touche une marque déposée, une image protégée. Demandez de générer une image avec Mickey Mouse, dans le style du photographe Watson, cela ne fonctionnera pas (ainsi les droits d’auteur sont préservés) ; ce n’est pas le cas de toutes les IA génératives d’images ce qui pose des problèmes juridiques car elles ont « pompés » sans discernement des millions d’images sur le web pour éduquer l’IA.
Certaines IA ont été dotées de règles précises par les concepteurs ; c’est bien pour éviter le racisme, la pornographie les contenus haineux mais parfois les règles sont un peu « woke », on le voir sur chatGPT ou des questions sont refusées en fonction de la « minorité » sur laquelle on pose la question. C’est sans doute pareil pour les images.
Les résultats ne sont pas toujours parfaits. L’IA peut produire des images criantes de vérité mais aussi du n’importe quoi, des images bizarres avec de grossières erreurs (exemple des 7 doigts à la main, d’insectes ou il manque des pattes …) : certaines directives ne sont pas appliquées (direction). Certaines directives sont mal comprises, la traduction vers l’anglais est incorrecte ou bien il y a de grossières erreurs (ci-dessous c’est une voiture sur la lune mais on voit la lune dans le ciel).  L’IA n’a pas conscience de ce qu’elle produit et il n’y a pas de code informatique sans défaut qui génère logiquement une image. A chaque génération même avec les mêmes prompts le résultat est différent.

Trois aspects peuvent nous intéresser en tant que photographes :

– Les IA qui génèrent du texte quand on lui pose une question. Comme ChatGPT par exemple,

– Les IA outils comme dans Photoshop ou Lightroom : elles aident à sélectionner un personnage, un ciel…, elles aident à enlever du bruit, améliorer la netteté, permettent le choix de certains filtres artistiques, colorisent une photo, appliquent un maquillage, adoucissent la peau (« neural filter » dans Photoshop). 

– Les IA qui génèrent des images à partir de texte (Texte en image  ou en anglais « Text2Image ») comme Midjourney, Dalle-E, StableDiffusion, Firefly et le récent remplissage génératif de Ps (version 25). 

Dans l’IA, l faut donc distinguer l’IA non générative et l’IA générative ; l’IA qui est utilisée pour sélectionner dans Ps ne pose pas de problème, elle ne crée rien, mais l’IA générative qui génère, qui crée une image ou qui ajoute un élément qui n’existait peut poser problème pour les photographes.

L’IA fait peur ?

La nouveauté fait peur.
À chaque époque, de nouvelles techniques émergent. On peut imaginer que l’apparition de l’imprimerie a choquée les moines recopiant la bible. Les peintres avaient peur de la photographie qui reproduisait le réel à la perfection et finalement les deux vivent côte à côte ; cela a même libérer les peintres de l’obligation de représenter le réel. Photoshop devait permettre tous les excès de falsification et remplacer la photo, il n’en a rien été. Ce sera la même chose avec l’ IA concernant la photo. L’IA ne va pas remplacer le photographe mais elle change la photo sous certains aspects ; il est préférable de dompter l’IA et de s’adapter car impossible de refuser ce qui est déjà présent.
Il y a un emballement médiatique actuellement mais cela va se calmer. Une fois qu’on aura examiné quelques photos étonnantes crées par IA, on passera à autre chose.
L’usage de falsification permis par l’IA pour créer des images en les faisant passer pour des photos est un réel danger. Il y a déjà des excès. Certains concours de photos en ont déjà fait les frais. Il y aura des « faussaires » et des gens qui sans le dire feront ou rajouteront des éléments dans une photo grâce à l’IA. Cela pour tirer gloire de leur photo ou pour illustrer une fake news.
Il est donc nécessaire de conserver cette notion d’éthique qui oblige, par exemple, les journalistes à devoir montrer des photos réelles et non modifiées.
Pour les photographes il y aura des photos réelles saisies par un appareil photo ; il y aura aussi des images améliorées ou créées par l’IA. Il parait fondamental de savoir ce qui est fait par un appareil photo et ce qui est fait par IA.

Il faudra séparer « photo » et « œuvre numérique ».

Une création numérique par IA n’est pas une photo, il faut donc l’appeler autrement. « œuvre numérique » ou « image numérique » peut convenir. C’est une science qui crée l’image, pas un art. Il faudra donc séparer « photo » et « œuvre numérique » et si possible mentionner l’usage de l’IA. Pour ma part, je parle de photo et d’image pour différencier ce qui est créé par un appareil photo et ce qui est créé par un ordinateur.
Certains pensent qu’il faudrait que le logiciel d’IA rajoute un filigrane (visible ou non) indiquant l’usage de l’IA ; c’est ce que projette de faire Adobe: mettre un marquage sur l’origine de la photo, l’usage ou non de l’IA ; voir plus bas.
D’autres voudraient que l’usage de l’IA soit mentionné par l’auteur.
Pour les images traitées jusqu’ à présent par Photoshop c’est un peu le même problème, pour certains il serait de bonne règle d’indiquer que Photoshop a été massivement utilisé (ce qui n’enlève rien à l’œuvre). Pourtant nous voyons rarement « Image modifiée sous Photoshop » sous une photo ; nous aurions plutôt tendance à voir « sans Photoshop » sous certaines photos non traitées (comme si c’était un label de qualité). J’ai vu récemment « Sans Photoshop, sans IA » sous une photo. 
Si la séparation « photo »/ »œuvre numérique » est claire quand la photo est prise par un appareil photo ou entièrement créée par IA, le problème est plus difficile pour les « photos modifiées numériquement ». L’usage de l’IA « outil » (sélection par IA, diminution du bruit…) ne pose pas de problème mais l’ajout et la modification d’élément dans la photo par IA pose un problème quant à la frontière photo/travail numérique.
Pour beaucoup de photographes, maintenant, le travail d’une photo sous Photoshop avec les outils traditionnels (surtout si c’est créatif) reste de la photo car la matière de départ est de la photo. En sera t-il de même avec une photo améliorée par IA ?
Une photo d’une personne prise en studio et mise sur un fond représentant une plage, une chambre ou un paysage de montagne peut-elle être considérée comme de la photo ? une image numérique ? Une image améliorée numériquement ? faut-il l’indiquer ? On peut penser qu’à partir du moment ou l’utilisateur de l’IA aura fait quelque chose de créatif et aura mis sa patte, cela peut être considéré comme une œuvre originale, protégeable. Mais est-ce de la photo ?
J’ai vu des exemples récents ou un photographe avait rajouté (sans le dire) un animal sur une photo de paysage, faisant passer cette photo pour une prouesse de photographe animalier. C’est choquant. Par contre une photo pour laquelle, dans un but créatif, on a modifié la texture, le ciel, les couleurs, rajouté quelques éléments,  le cadrage, me parait acceptable sur le plan photographique. Faut-il avoir le même raisonnement pour l’IA si on a changé le fond ? 
La photographe restera une manière d’écrire grâce à la lumière. Et cela grâce à une boite avec des lentilles et un capteur.
L’IA crée des images génériques, elle.
Toutes les branches de la photographie qui doivent refléter la réalité de ce qui est photographié ne pourront être faites par l’IA. Les photos représentant une personne (portrait de Mme Jeanne), un évènement (mariage de Pierre), une robe de créateur (pub pour la robe de Dior), une entreprise (les bureaux de l’Edf) ne pourront pas être crées par l’IA (la photo doit montrer le portrait de Jeanne, le mariage de Pierre et pas une femme ou un mariage qui n’existe pas ; elle doit montrer la vraie robe de Dior, les vrais locaux de l’Edf). Par contre on pourra créer par IA une photo générique d’un portrait, d’un mariage qui n’existent pas pour illustrer un article.
L’acte photographique est irremplaçable.
Ce qui touche la relation humaine, le plaisir de la prise de vue, le plaisir de manipuler son appareil, les relations avec les modèles, le plaisir de créer une photo à partir d’une idée, de capturer le réel, de la mettre en place, le plaisir de gérer la lumière, le plaisir de capter un paysage, un visage, une rue qui est devant nous, n’auront pas leur place au sein de l’IA (Bien que simulés parfois).
Pour beaucoup de demande, le réel, l’authentique de la vraie photo seront préférés à une image d’IA  (en publicité, une vraie photo d’une bouteille de vin sera préférée à une image générée par IA , il y a des exemples).
La démarche d’un créateur d’image par IA n’est pas la même qu’un photographe devant son sujet. Le photographe avec son appareil photo n’est pas prêt à l’abandonner pour se mettre devant un clavier.
Les photos avec une démarche, une histoire un concept ne pourront pas être crées par l’IA : actuellement L’IA ne comprend pas les concepts, les notions abstraites.
Mais le photographe devra s’améliorer dans le sens ou une photo banale (un coucher de soleil) ne sera pas mieux qu’une image d’IA ; le photographe devra donc faire plus, se réinventer pour se démarquer et faire différent de l’IA. Cela sera stimulant de devoir faire mieux que l’IA.
Cela rappelle l’apparition de la photo et les peintres : ceux -ci, pour reproduire strictement le réel, ne pouvait pas faire mieux que la photo. Certains peintres se sont donc libérés du réel et ont créés la peinture moderne.
A côté de cela, cela accentuera-t-il le retour à l’argentique et aux autres méthodes anciennes ? Par gout du retour aux sources de la « vraie » photographie avec un appareil photo et la recherche d’une certaine « authenticité », par refus des techniques nouvelles certains retourneront à l’argentique et aux méthodes anciennes.

Une image crée par IA peut-elle être une œuvre d’art ? 

Il se pose le problème philosophique de savoir si une création numérique peut entrainer une émotion, être considérée comme de l’art et admirée comme telle ? Il me semble qu’il y a déjà des concerts de musique crées par IA. Nous avons déjà des œuvres, des images artistiques crées par IA. Y aura-t-il des concours, des expositions de photos générées par l’IA ? Oui. Déjà certaines expositions de photos (Circulation (s)) acceptent le recours à l’IA pourvu qu’elle soit mentionnée. La rédaction d’un prompt (texte, directive permettant de générer une image) ou la modification du code est réellement complexe et subtil pour créer l’image intéressante ; le fait de l’écrire devient en soi une création, un métier d’art.  Adobe insiste sur le fait que l’IA pourra être un outil de création permettant de donner vie à vos idées. De la même manière que le peintre utilise des pinceaux, le créateur d’image utilisera l’IA pour donner libre cours à son esprit créatif. Mais cela ne sera pas de la photo.
A noter que dans Adobe Stock qui propose des images, il y a maintenant un filtre permettant de séparer photos et images générées par IA.
Une image créée par IA par le collectif  français Obvious à été vendu chez Christie’  pour 432.500 $ en octobre 2023

Certains métiers seront ils impactés ?

Certains métiers risquent d’être très impactés : les illustrateurs, les graphistes, les photojournalistes, risquent de ne plus avoir beaucoup de travail ; pour illustrer un article de simples photos illustratives crées par IA seront suffisantes.  Par exemple, pour illustrer un article généraliste sur les ponts, un pont imaginaire créé par IA fera l’affaire, plus besoin d’image de stock (par contre un article sur un pont qui vient d’être construit ne peut être fait que par une photo).

Selon une note d’analyse de Goldman Sachs datée de mars, les systèmes d’IA génératives pourraient provoquer la disparition d’environ 300 millions d’emplois dans le monde. Les métiers les plus touchés seraient ceux en lien avec le langage et la production écrite susceptible d’être automatisés. Les métiers juridiques et administratifs sont également menacés. Une autre étude américaine réalisée par des chercheurs d’OpenAI, d’Open Research et de l’université de Pennsylvanie, complète la liste des secteurs concernés avec la finance, l’éducation, le journalisme, l’ingénierie et le graphisme. Seules 34 professions ne seraient pas touchées par l’IA, principalement des métiers manuels (restaurateur, plombier, athlète…). Les échos 2023.

Les images « banales » impersonnelles sans créativité seront parfaitement générées par IA. Comme je le disais il va falloir se réinventer.
   

Les problèmes juridiques.

Les problèmes de droit sur une image générée par IA ne sont pas encore résolus.
L’ayant droit sur une image créé par l’IA est-il l’informaticien qui a créé l’IA ? ceux à qui appartiennent les photos qui ont éduquées l’IA ? celui qui a tapé le prompt ?
Le 16 mars 2023, le Copyright Office américain (gestionnaire des droits d’auteurs) a précisé que la protection dont disposera un contenu produit par une IA générative dépendra de la question de savoir si ce contenu est « le résultat d’une reproduction mécanique », par exemple en réponse à une requête, ou si ce contenu reflète la « propre conception mentale » de l’auteur. On retrouve la notion « d’originalité » d’une image qui sera nécessaire pour être considéré comme une photo appartenant à son auteur ; c’est déjà présent dans la notion de droit d’auteur actuellement. 
Par ailleurs quelqu’un peut il vous attaquer sur le contenu d’une image considérant que vous n’avez pas respecté le droit d’auteur ? Ce problème a été posé pour Midjourney : il semble (décembre 2023) que si l’image crée ne contient pas d’éléments protégés, elle est libre de droit et vous pouvez l’utiliser même commercialement. Par contre si l’image contient un personnage de Disney, un produit avec marque il faudra demander l’autorisation aux ayant droit. 
Déjà, d’où viennent les images qui ont éduquées l’IA ? Sont-elles libre de droit ? si l’image générée entraine un préjudice qui est responsable ?  N’y a t-il pas spoliation du travail des photographes quand pour éduquer une IA, une société « pompe » des millions d’images sur internet ? Il y a des procès, actuellement, contre des sociétés d’IA pour plagiat.
La réponse viendra progressivement. Certains juristes déconseillent, actuellement, d’utiliser les images crées par IA devant les incertitudes de droit d’auteur et les possibles procès. Adobe a utilisé pour son IA les photos libres d’Adobe Stock, ce qui, a priori, ne poserait aucun problème quant à l’usage des photos (mais à ce jour elle déconseille d’utiliser les images générées par IA pour un usage professionnel et commercial).
Il ne faut pas oublier l’usage malveillant des images crées par IA : fausses nouvelles, propagande, manipulation par l’image : cela existe déjà avec Photoshop mais cela deviendra plus facile avec l’IA. Et bien sûr l’usurpation du terme de photo pour une image générée par IA pour se faire valoir, pour gagner un concours… Les raw de plusieurs photos prises au cours de la même séance et des photos montrant le photographe et l’environnement de la séance pourront servir de preuves qu’il s’agit bien d’une photo.
Il y a déjà aussi beaucoup de détournements et fake news (le pape en doudoune).
La commission européenne  en date du 2 février 2024 à adopté une loi sur l’IA.
Sur les IA génératives, des règles s’imposeront à tous pour s’assurer de la qualité des données utilisées dans la mise au point des algorithmes et pour vérifier qu’ils ne violent pas la législation sur les droits d’auteur. Les développeurs devront par ailleurs s’assurer que les sons, images et textes produits seront bien identifiés comme artificiels. Des contraintes renforcées s’appliqueront aux seuls systèmes les plus puissants.

Adobe vient de dévoiler en octobre 2023 le label CR :

C’est une technologie de marquage qui devrait permettre de certifier la provenance d’un contenu, cela  lutter contre la désinformation.

Voici le logo discret mais visible : en haut à droite de l’image ;  à l’intérieur, les 2 lettres C et R pour « Content Credentials », « Label d’authenticité du contenu » en français.

Ce logo pourra être superposé aux images, ou apparaître à côté d’elles. Il donnera accès à une foule d’informations comme la date, l’heure, la localisation de la prise de vue, le nom de l’auteur, s’il le souhaite, l’intervention – ou pas – de l’intelligence artificielle, pour créer l’image ou la modifier et, le cas échéant, les différentes étapes du traitement de cette image. Des informations qui pourront être injectées dès la prise de vue, avec une nouvelle génération d’appareils (Nikon et Leica) ; il pourra être mis avec Photoshop. Une image sans logo serait suspecte, avec le logo on saurait d’où vient l’image. A suivre.

Attention, je ne suis pas juriste, et la législation évolue régulièrement donc si vous voulez utiliser l’IA, renseigner vous auprès d’un juriste et soyez prudent.

IA = Danger ?

 

Nous en sommes au stade d’IA « étroite » qui ne résout d’un type de résultat (sélectionner un sujet, créer une image, détecter un visage…), mais que penser des projets l’IA « globale » qui comme un cerveau humain aurait des compétences dans tous les domaines ? et même un niveau de conscience ? 

L’usage massif de l’IA dans les systèmes experts globaux avec prise de décision (hors photo) et qui peuvent impacter nos sociétés et notre avenir est il une bonne chose ? Des décisions impactant les humains prisent par une machine cela peut être inquiétant. Cela dessine un futur ou l’intelligence artificielle peut prendre de plus en plus de place au détriment de l’humain ; les gens étant dirigés par une machine froide et sans sensibilité. On peut imaginer une IA décidant pour un assureur quels sont vos risques de santé et si c’est possible de vous assurer. Que dire d’une IA sur un drone décidant qui tuer …. Ce n’est plusde la science-fiction.

Pour être complet l’IA apporte aussi des bienfaits en médecine et dans certains domaines (détection de tumeur, camera détectant des personnes devant une voiture..). C’est un outil, son intérêt et son danger viendra de ce que les hommes en feront.

Que peut apporter l’IA au photographe Photoshoper ?

Des générateurs de texte permettront de trouver une série de tag pour une image à mettre sur les réseaux.
L’écriture d’un texte de présentation d’une photo ou d’une exposition pourra être rédigé par une IA si on n’est pas trop doué pour l’écriture. Ce que produit l’IA est pour le moment un peu « bateau »… 
Les outils utilisant l’IA comme les sélections automatiques et de réduction du bruit dans Photoshop, les propositions de preset dans Lightroom… ne sont que des outils qui facilitent et accélèrent le travail. Personne ne les remet en cause. Idem pour l’outil « Supprimer » qui utilise l’IA.
La génération d’image à partir d’un texte permettra de préparer une séance photo, de donner des idées, de se rendre compte du rendu de la futur séance photo. Cela pourra participer à développer une créativité nouvelle.
Les IA modifiant une photo existante pourront ajouter des améliorations, effectuer des corrections, des changements de fond, de mettre un personnage dans un univers que nous n’avons pas le moyen de créer (ou dans un univers qui n’existe pas). Cela pourra libérer la création.
Une image créée de toute pièce par une IA sera une image numérique, pas de problème mais pour une photo modifiée par IA, quelle sera la position du curseur délimitant photo et œuvre numérique ?
Texte écrit sans l’aide de l’IA, bien sûr.

 

Pour marque-pages : Permaliens.

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