Approfondir : Le couple Lightroom Classic/Photoshop.

Utiliser le couple Lightroom Classic/Photoshop

Cela tombe bien, si on veut les deux, il y a un abonnement Adobe Créative Cloud pour photographe : l’abonnement coûte moins de 12€ par mois et il comprend Lightroom CC Classic (Ex Lightroom CC) et Photoshop CC (on peut aussi installer Lightroom CC orienté Cloud+)  et on a 20Go d’espace de stockage chez Adobe. Avant octobre 2017 cet abonnement comportait LR CC et PS CC.

Détaillons :

Lightroom CC Classic (le Catalogue et les fichiers image originaux sont consignés sur votre ordinateur personnel).

Lightroom CC (la version où le catalogue et les orignaux seront consignées dans le

Adobe Cloud)

Photoshop CC

Le plan proposé par Adobe pour photographe comprend : Les trois logiciels et 20Go d’espace de stockage chez Adobe. Plus quelques autres programmes ou sites…

Il y a un autre abonnement qui comporte LR CC et plus d’espace de stockage mais pas PS.

Cela n’est pas un hasard, il y a une réelle complémentarité entre les 2 logiciels.

Comme la majorité des photographes j’utilise Lightroom Classic (Le LR « comme avant » qui travaille en local) et Photoshop. Je ne parlerais ici que de Lightroom Classic ; les explications sont aussi valables pour Lightroom 5 ou 6.

Il existe un autre flux de travail Bridge vers Photoshop non traité ici.

Mon flux de travail est le suivant :

Je photographie en Raw.

Je mets mes cartes SD dans le lecteur carte de mon ordinateur.

Dans LR Classic j’importe mes photos dans mon répertoire photos sur mon ordinateur (ou sur un disque externe).

Dans LR Classic je trie, note, recadre et fait toutes les corrections possible avec LR (lumières, tons, corrections localisées, correction de l’objectif, correction du bruit…); je fais le maximum dans LR. J’exporte si nécessaire pour le web (en Jpg dans l’espace sRGB, en 2048 px pour Facebook par exemple), ou pour imprimer.

S’il y a nécessité d’un traitement dans PS (correction impossible à faire dans LR Classic ; montage…), j’utilise la fonction « Modifier dans Adobe Photoshop » (clic droit sur la photo puis « Modifier dans.. » puis « Modifier dans Adobe Photoshop CC… » ou Ctrl E). La photo « passe » dans PS sous forme d’un fichier .Psd (ou d’un Tiff suivant comment j’ai paramétré LR Classic).

Je travaille la photo dans PS, une fois terminée, je l’enregistre simplement (Ctrl S).

En repassant dans LR Classic, la photo modifiée est présente. J’exporte cette photo si nécessaire depuis LR Classic pour le web ou l’impression.

 

LR_PS1

Il y a une alternative à ce flux de travail qui est celle d’ouvrir à partir de LR le raw dans PS comme objet dynamique. On verra cela aussi.

 

Pour passer une image de LR Classic dans PS :

Clic droit sur la photo>Modifier dans>Modifier dans Adobe Photoshop

ou Ctrl +E

LR_PS2

 

Avant les explications, qui suivent, comprendre que :

Les images (Raw, Jpg, Tiff, Psd) ne sont jamais modifiées dans LR Classic. Les opérations effectuées avec LR Classic (ou Camera Raw) sont enregistrées sous forme de métadonnées (du texte) dans le catalogue et/ou dans le fichier (voir l’encadré plus bas).

Dans LR, quand  on passe un Raw à un autre logiciel par « modifier dans.. », l’image qui passe dans le logiciel tiers, extérieur à LR ( PhotoShop, DXO, Nik Collection) est une image bitmap mais n’est plus un Raw. Du coup, quand on travaille sur une image dans PS, DXO, la Nik Collection, on est en bitmap et le travail est appliqué aux pixels de l’image.

Si après passage dans un logiciel tiers on retravaille l’image de nouveau dans LR, ce Tiff ou Psd n’est pas modifié car les modifications sont enregistrées en métadonnées.

 

Les fichiers Raw (CR2, PEF, DNG…) contiennent les données brutes du capteurs et ne sont pas des données bitmap composées de lignes de pixels.

Les fichiers Tiff et Psd sont des fichiers bitmap et peuvent conserver les calques, ce ne sont plus des fichiers Raw ; l’image peut être modifiée au niveau pixel, il n’y a pas de compression avec perte, aussi vous pouvez ouvrir et fermer plusieurs fois l’image sans dégradation. On les utilisera donc comme fichier de travail tout au long du flux de travail.

Les fichiers Jpg ne contiennent pas de calques, ils sont en 8 bits/couche ; on peut modifier l’image; les Jpg sont compressés la plupart du temps avec perte. On exportera donc en fin de flux seulement au besoin au format Jpg.

 

Ampoule

Lightroom Classic enregistre les modifications de l’image dans le catalogue. On peut en plus (en le paramétrant dans LR Classic), enregistrer les métadonnées de modification avec les fichiers images.  Si ce sont des Raw propriétaires (liés à une marque d’appareil photo :CR2, PEF..), il y a création d’un fichier d’extension Xmp de même nom que l’image dans le même répertoire que l’image. Par contre pour les Dng et les Jpg, Tiff, Psd les métadonnées sont mises dans le fichier image lui-même.

Cela permet d’ouvrir les fichiers images en dehors de LR Classic avec les modifications (si le logiciel externe le permet et lit les métadonnées ; Camera Raw le permet par exemple). Cela ralentit l’enregistrement des modifications dans LR Classic, quand on paramètre l’enregistrement les modifications « dans le fichier », surtout avec les Dng, Tiff, Psd  et Jpg car cela réenregistre la totalité du fichier image. L’ autre intérêt d’enregistrer les modifications avec l’image sont le fait de pouvoir passer une image à quelqu’un avec les réglages ; de pouvoir récupérer dans LR Classic les modifications effectuées sur une image et de pouvoir récupérer tous les traitements effectués dans LR Classic sans le catalogue.Si on a un crash de catalogue et qu’on n’a pas de sauvegarde de catalogue (c’est pas bien) en ré important les images dans LR on récupérera le traitement des images grâce aux métadonnées qui sont dans les fichiers.

Attention, les copies virtuelles n’ont pas de fichier Xmp propre. Pour avoir les copies virtuelles à l’extérieur de LR il faut faire, sur l’image de départ et sur la copie virtuelle, des instantanés après votre traitement : ainsi, si vous ouvrez votre raw directement dans Camera Raw vous aurez dans l’onglet « Instantanés » les instantanés du fichier de départ mais aussi des copies virtuelles.

Les modifications effectuées dans Camera Raw sont enregistrées aussi dans un fichier Xmp ou dans l’image elle même pour les Dng, Tiff,Psd et Jpg.. Il y a aussi possibilité d’enregistrer les modifications dans un catalogue (c’est paramétrable) ; je pense que c’est un catalogue propre à Camera Raw mais je n’ai pas vérifié.

 

Quand nous voulons modifier dans PS une image venant de LR Classic, il y a deux cas en fait :

1-Si le fichier dans LR est un Raw , image brute non bitmap (Dng, Nef, Pef, CR2…) PS ouvre le fichier ; le nom dans l’onglet reste celui du Raw mais PS travaille sur une image bitmap et lors de l’enregistrement la copie enregistrée est un Tiff ou un Pdf.. Si le fichier initial se nommait IMG10.DNG la copie sur laquelle travaillera PS se nomme IMG10-modifier.Tiff (ou Psd suivant le paramétrage). PS , à partir du fichier Raw, à créer un fichier bitmap avec les modifications qui avaient été effectuées dans LR Classic pour les mettre dans un fichier Tiff ou un Psd. Ce n’est plus un fichier Raw dans PS, il y a donc perte de la latitude de correction (par exemple dans la récupération des zones mal exposées). C’est pour cela qu’il est préférable de faire tous les traitements dans LR avant de passer l’image dans PS.

Même si vous utilisez le filtre CameraRaw dans PS (menu Filtre>FiltreCameraRaw), vous ne travaillez plus sur un Raw. Nous avons donc intérêt à effectuer nos corrections d’exposition dans LR avant.

Une fois les traitements effectués dans PS, il suffit d’enregistrer : Ctrl S ou menu Fichier>Enregistrer.

L’image modifiée est enregistrée dans IMG10-modifier.Tiff (ou Psd)

Quand vous repasser dans LR Classic , le fichier IMG10-modifier.Tiff est présent automatiquement. Ce n’est, bien sûr, pas un fichier Raw ; si on le modifie de nouveau dans LR Classic, comme d’habitude les modifications seront enregistrées dans le catalogue, le fichier ou dans un fichier Xmp sous forme de métadonnées sans toucher à cette image Tiff.

2- Si le fichier LR Classic est un JPEG, TIFF ou PSD (un fichier Bitmap) une boîte de dialogue s’ouvre :

LR_PS3

Cela donne le choix entre :

      • « Modifier une copie avec les corrections Lightroom » ; si au départ le fichier se nommait IMG20.Tif il y aura création d’une copie (quand vous enregistrez dans PS) sous forme d’un fichier IMG20_modifier.Tiff (ou Jpg, Psd) contenant les modifications effectuées dans LR Classic , mais enregistrées dans les pixels de l’image. Vous l’enregistrerez et le retrouverez dans LR Classic. L’image de base (le Jpg initial, le Tiff ou le Psd) est conservée. Il y a une seconde image …_modifier.Tiff (ou Psd..) qui contient donc les modifications faites dans PS. Si vous aviez un fichier IMG20_modifier.Tiff, a l’enregistrement vous aurez un fichier  IMG20_modifier_modifier.Tiff !
      •  » Modifier une copie« , là il y aura l’envoi d’une copie mais il n’y aura pas les modifications préalablement effectuées dans LR Classic. L’image de base est conservée.
      • « Modifier l’original« . là c’est le fichier IMG20.Tiff que vous retrouverez dans PS (sans les modifications préalables faites dans LR). Cette image de base sera modifiée dans PS (les calques , s’il y en avait, seront visibles et modifiables dans PS). Vous pouvez l’enregistrer ; vous la retournerez dans LR Classic avec le même nom. Les modifications effectuées antérieurement dans LR (et enregistrées sous forme de métadonnées) seront de nouveau appliquées à l’image.

 

Cette dernière option est très intéressante pour revenir sur les modifications effectuées dans PS ; cela permet de ré ouvrir une image Tiff ou Psd avec tous les calques.

Un exemple, pratique

Vous avez un fichier Raw. Il se nomme Image.dng.

Vous modifiez ce Raw dans LR Classic (augmentation de la luminosité par exemple,  enregistrée sous forme de métadonnées). Image.dng n’est pas modifié.

Vous passez l’image dans Photoshop par Ctrl E, cela devient un fichier bitmap (ce n’est plus un Raw) sur lequel les modifications de LR ont été appliquées (l’augmentation de luminosité est appliquée aux pixels du bitmap).

Vous travaillez sur l’image bitmap dans PS (modification de la colorimétrie), vous enregistrer (Ctrl S), vous obtenez un fichier bitmap nommé Image_Modifier.Tiff (ou Psd).

De retour dans PS, à coté de Image.dng le Raw original, vous retrouvez ce fichier Image_Modifier.Tiff (contenant les modifications de colorimétrie).

Vous ajouter dans LR Classic un vignetage par exemple (enregistré sous forme de métadonnées).

La colorimétrie effectuée dans PS antérieurement n’étant pas bonne, vous voulez la modifier : vous refaites Ctrl E et choisissez « Modifier l’original » (1).

PS s’ouvre et charge Image_Modifier.TIFF avec ses calques, mais sans les dernières modifs effectuées dans LR (le vignetage n’y est pas) car vous avez choisi l’original.

Là vous rectifiez la colorimétrie sur les calques présent. Et enregistrez

De retour dans LR le fichier Image_Modifier.Tiff est là avec la correction de la colorimétrie effectuée dans PS et LR à appliqué les précédentes modifications qui étaient dans les méta données : le vignetage est visible, je peux le modifier.

A l’étape (1), si j’avais fait « Modifier une copie avec les corrections LR », PS aurait créé une image bitmap contenant le vignetage et nommée Image_Modifier_Modifier.Tiff.

 

Comment choisir le type de fichier Tiff ou Psd pour passer de LR Classic à PS ?

Menu Édition >Préférences ; onglet « Édition externe ».

LR_PS4

Nous voyons que la première liste permet de choisir PSD ou TIFF.

Le format Tiff est plus universel ; le Psd est un format propriétaire reconnu par les logiciels Adobe.

Les deux formats acceptent les calques mais les fichiers Tiff sont souvent beaucoup plus gros.

Psd gère moins efficacement les mises à jour de métadonnées (dixit Adobe ; non vérifié).

Pour l’espace colorimétrique, comme l’espace de travail interne de LR Classic est proche de Prophoto, il est préférable de rester dans cet espace Prophoto.

Conservez aussi la profondeur à 16 bits/composant (toujours en Prophoto).

 

Si dans PS nous faisons menu Fichier > »Enregistrer sous » nous enregistrons sous le nom et le format que nous voulons mais nous ne retrouverons pas l’image dans LR Classic, il faudra importer le nouveau fichier dans LR Classic (en synchronisant le dossier LR par exemple). Si par contre nous enregistrons simplement dans PS (menu Fichier>Enregistrer ou Ctrl S), nous retrouverons  l’image dans LR Classic.

Sur le plan espace de couleur (lire sur ce site la série de tutos sur les couleurs).

Une image Raw ne contient pas d’espace de couleur. LR Classic grâce à ses profils va la mettre dans l’espace Prophoto (RIMM RGB pour être exact) et dans le module développement  on travaillera dans cet espace Prophoto. Il est logique , pour converser le vaste gamut des appareils photo modernes et le vaste espace de travail de LR Classic, de passer la photo  à PS dans cet espace Prophoto (et en 16 bits). On paramètrera donc LR Classic dans Menu Édition >Préférences, onglet « Édition externe » pour exporter du Prophoto vers PS. PS sera configuré (menu Edition>Couleurs) pour conserver le profil incorporé  soit le Prophoto.

Si on shoote en Jpg je conseillais de paramétrer Adobe RGB sur l’appareil. Il n’y a pas d’inconvénient ensuite à passer en Prophoto  avec PS ou  (si on shoote exclusivement en JPG) en Adobe RGB.

 

Objet dynamique :

Une alternative très intéressante pour éviter de se passer de va et vient entre LR et PS.

Plutôt que d’ouvrir directement l’image de LR Classic dans PS, on peut ouvrir l’image comme objet dynamique dans PS : clic droit sur l’image >modifier dans>Ouvrir en tant qu’objet dynamique.

LR_PS6

Dans PS l’image dynamique est repérée par la petite icône sur l’image :

LR_PS7

Cette image dynamique est toujours une image Raw.

Le calque dynamique « encapsule » l’image : dans PS on ne peut pas modifier les pixels de l’image car le contenu du calque dynamique est protégé (on peut appliquer des réglages, transformations… mais les pixels ne seront pas modifiables, pour modifier quand même, on utilise des méthodes comme les calques distincts : voir le tuto sur le travail non destructeur ).

Par contre, dans PS si nous double cliquons sur l’icône du calque dynamique, on rentre dans « l’encapsulation » ;  cela ouvre Camera Raw et permet de modifier les réglages camera Raw/LR (on retrouve les réglages effectués antérieurement dans Lightroom Classic que l’on peut modifier). Là on est en Raw.

Ne pas confondre avec ce fameux filtre Camera Raw (menu Filtre>Camera Raw) qui modifiera un Tiff ou un Psd, ce n’est pas du Raw.

Après enregistrement. Dans LR  si nous retournons de nouveau dans PS (avec l’option « Modifier l’original ») nous avons toujours l’objet dynamique que nous pouvons toujours modifier dans Camera Raw.

 

Quand on n’utilise pas LR Classic mais seulement PS , le flux de travail est très différent. On utilise Bridge (logiciel catalogueur) pour classer les photos. À partir de ces logiciels ou de l’explorateur, on demande à ouvrir une photo dans PS. Si c’est un Raw cela ouvre Camera Raw (les modifications seront enregistrées dans le fichier sous forme de métadonnées ou dans un fichier Xmp sans modification des pixels de l’image) puis PS par « Ouvrir une image » (si on appuie sur Maj on l’ouvre en tant qu’objet dynamique). Une fois les retouches effectuées on enregistre au format que l’on veut ou on enregistre pour le Web.

Philippe LASSERRE novembre 2018.

 

Pour marque-pages : Permaliens.

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